Si tu savais combien je t’ aime, tu ne frapperais jamais la porte à mon nez, ni resterais pendant des heures fermée à clé dans ta chambre, pour que je ne voie pas tes beaux yeux eplorés, pour que je ne caresse pas tes cheveux bouclés. Ta souffrance et ta tristesse sont la douleur que je sens et je ferais n’ importe quoi au monde pour les éraser de ton petit coeur. Je prendrais ce petit coeur fragile, je l’ enroulerais en soie, comme un petit oiselet, et je le fermerais dans une boîte dont la clé je défendrais par ma vie. Pour que personne ne te nuise, pour que tu n’ apprennes jamais que les gens sont mauvais, qu’ ils haïssent, qu’ ils envient…Je sais que je t’ ai dit que tu devais toujours être bonne aux autres, être une amie sincère, que tu devais garder les secrets, aider en misère…Mais, je ne t’ ai pas dit qu’ il ne valait pas la peine, que tu souffriras également. Le karma, d’ une manière ou d’ une autre, dénonce tout de même ceux qui sont les meilleurs. Mais je n’ ose pas te le dire. Tu l’ apprendras toi- même…
vat365-Si je pouvais te fermer à cléSi tu savais combien j’ angoisse quand je t’ attends longtemps la nuit, tu ne viendrais jamais un peu ivre des soirées, en sentant en fume, désappointée en un jeune homme. Tu ne chercherais jamais les clés devant la porte, persuadée que tu les avais perdues. Tu prends la poignée, j’ entends ce son connu de la clé tournante dans la serrure, et je te pardonne tout de suite. Je te pardonne que tu étais en retard pour deux heures déjà, que tu ne m’ as pas téléphoné, que je m’ inquiétais terriblement. Je pense déjà que nous déjeunerons demain ensemble, que je te tiendrai par la main lorsque je t’ écoute me parler…Ta voix, c’ est ma consolation et ma nécessité. Je l’ absorbe en te regardant glousser et plaisanter, comme quand tu avais deux ans et me forçais à te faire rire. Comme ils me manquent- ces moments de notre bêtise absurde, quand tu pensais que j’ étais la mère la plus amusante au monde! Tu piaillais de joie quand nous plaisantions. Tu m’ as forcé de te promettre promenade, chocolat, jouet. Tu m’ attendais à la porte de rentrer de mon travail et tout de suite tu me demandais: ” Maman, qu’ est- ce que tu m’ as porte?” Et moi, je t’ achetais comme une possédée…
Si tu savais combien je t’ aime, tu comprendrais pourquoi je pleurais chaque fois que je t’ éconduisais aux voyages. Je voulais que tu visites Londres, Lausanne, Berlin. Que tu n’ aies pas de préjugés, que tu apprennes les langues étrangères…Comme ça, tu as appris à avoir du respect pour autres cultures, à admirer l’ art, à danser sur la scène du monde entier. Mais tu ne sauras jamais combien je me retenais de ne pas te saisir- une fille si grande, et de te remporter dans ta chambre, pour te combler par tous tes nounours et tes poupées et de ne pas te permettre d’en sortir. Je désirais que nous nous fermions à clé, pour que personne ne nous découvre. Toi et moi seulement, pour que je te tienne par la main jusqu’ à ce que tu t’ endormes.
Ne sois pas en colère contre moi, je te conjure! N’ aies pas peur de mon opinion, de ma critique. Pour moi, tu es la meilleure, ne fais pas attention que je crie. Permets- moi d’ être cette folle mère omnisciente, qui t’ accompagnerais jusqu’ au bout du monde. Et si tu frappais la porte à mon nez, je t’ attendrais fidèlement, comme un chien. J’ attendrais que tu surpasses tout, jusqu’ à ce que tu n’ ouvres la porte avec la clé et m’ invites à la chambre. J’ attendrais que cette petite fille en toi me demande:” Maman, penses- tu que je suis belle?” Oh comment tu ne le sais pas?! Comment tu ne le vois pas?! …Tu te souviens de cette statue de la Vénus de Milo, irréellement belle, dont tu m’ as chaleureusement parlé? Tu sais? Celle dont tu as même écrit ton devoir de baccalauréat? Oui, oui, elle exactement! Tiens, elle ne pourrait jamais se comparer avec toi!

(Consacré à toutes les filles au monde)