La banlieue de Genève, avec ses maisons bien rangées et fraîchement badigeonnées, toute en fleurs et baignée du soleil, semble comme d’ une carte postale. On sent une certaine tranquilité en regardant cette scène où les familles riantes mènent une vie sereine, bordées dans cette beauté et contentes par les choix qu’ ils ont faits. Très souvent, ses portes ne sont pas fermées à clé, et si quelqu’ un perdait la clé par hasard ou s’ il l’ oubliait quelque part, il y aurait toujours un voisin gentil de lui offrir un café ou des petits gâteaux jusqu’ à l’ arrivé de sa famille ou de quelqu’ un d’ un service serrurier. vat365-La romance du service serrurierOn parle toujours des événements plaisants- d’ un succès sportif de son enfant ou d’ une performance d’ affaires bien payée. Dans la banlieue de Genève, on ne montre pas la tristesse et ne dit pas qu’ on est malheureux. Et si on l’ est, on se ferme à clé dans la maison jusqu’ à ce que ce sentiment ne passe. Néanmoins, dans cette région, où chaque maison suivante était plus belle que la précédente, et où le calme sublime était perturbé seulement par le chant d’ oiseaux et par le vacarme d’ enfants, une maison s’ isolait, colorée simplement en blanc et dont la porte n’ était jamais ouverte largement pour les voisins ” bénévoles “. Dans cette maison madame Chantilly passait ses jours, le plus souvent en compagnie d’ un vieux chien qu’ elle a sauvé quand il avait été frappé par une auto. Elle n’ a jamais voulu un autre ami…Les maîtresses de maison curieuses la trouvaient lunatique et de temps en temps, les enfants oisifs tiraient ses fenêtres par les pierres en attendant un monstre de fermer la porte à clé et de s’ acharner contre eux de l’ obscurité de sa demeure…
Mais, madame Chantilly n’ était ni monstre, ni lunatique qui observe en secret les événements dans la rue. Elle était seulement une femme du coeur cassé…
Il y a longtemps que madame Chantilly aimait…Elle aimait sans réserve, naïvement et profondément un homme extraordinaire. Elle a mis dans ses mains la clé de son âme subtile, en faisant les projets pour le bonheur futur. Elle l’ a rencontré au service serrurier de son père, quand IL était venu de copier une clé. Ils ne pouvaient pas cesser de se regarder, de rire. Il lui était clair qu’ elle ne devait plus chercher…Elle avait la chance, car son âme soeur se tenait juste là, devant elle, au pas du service serrurier où elle avait passé son enfance, mais aussi son jeune âge, en assistant à son père. IL était extrémement sage, avec du sens de l’ humour raffiné, juste comme elle aimait. Ses yeux rêveurs, mais pénétrants exprimaient la puissance de laquelle ses jambes tremblaient. Peu après cette rencontre, ils sont devenus fiancés. Ils donnaient l’ un l’ autre leur jeunesse, ils grandissaient ensemble, jour après jour…IL était aussi étudiant ambitieux en médecine, décidé de se montrer à elle, et à tout le monde. IL a décidé d’ aller un jour en Afrique, avec les médecins sans frontières. Au dépit de ses larmes et de sa douleur, elle l’ a laissé partir. Mais IL n’ est jamais rentré. Madame Chantilly n’ a plus jamais appris ce qui s’ était passé avec lui. D’ une femme adorée, à qui la vie riait, un corps vide est resté qui luttait de survivre…
Personne ne sait que madame Chantilly ne ferme jamais la porte à clé. Elle n’ a pas peur de l’ obcurité, des voleurs, des foudres terribles qui frappent parfois à la banlieue de Genève. Simplement, elle ne fait pas attention au monde où on n’ ose pas être infortuné. La nuit, pendant que tous dorment, elle regarde les vieilles photographies et elle se souvient d’ un, déjà pâle, sentiment du bonheur immense…Personne ne sait que madame Chantilly ne ferme jamais la porte à clé. Elle ne sait même pas où sont ses clés. Et s’ IL retournait? Comment IL entrerait à la porte, si la porte était fermée à clé? Comment IL l’ embrasserait tandis qu’ elle dormait?
Madame Chantilly n’ était pas la femme comme ses voisins joyeux et sans soucis de la banlieue de Genève. Elle était seulement la femme qui n’ a jamais cessé d’ attendre son fiancé. Et qui sait? Si sa porte restait ouverte suffisament longtemps, peut- être IL viendrait, la prendrait dans ses bras et lui dirait qu’ il valait pourtant attendre…